Un client vous rappelle quatre mois après votre visite : « Je signe le devis. » Entre-temps, le prix de vos fournitures a augmenté. Êtes-vous obligé de tenir l'ancien prix ? Tout dépend de la durée de validité d'un devis, cette ligne que beaucoup de professionnels remplissent sans y penser. Elle est obligatoire, elle vous protège, et bien la choisir vous évite de travailler à perte.
Une mention obligatoire, mais aucune durée imposée
Pour les travaux de dépannage, de réparation et d'entretien dans le bâtiment et l'équipement de la maison, l'arrêté du 24 janvier 2017 liste les mentions du devis. La durée de validité de l'offre en fait partie, au même titre que la date, le détail des prestations ou les totaux hors taxes et toutes taxes comprises. Service-public.fr reprend cette obligation pour les travaux réalisés chez un particulier.
En revanche, aucun texte ne fixe de durée. Quinze jours, un mois, trois mois : c'est vous qui décidez. Seule obligation : l'écrire clairement sur le devis. Pour les autres mentions, reportez-vous à notre guide comment faire un devis de travaux.
Ce que la durée de validité change pour vous
Juridiquement, un devis non signé est une offre. Le Code civil encadre deux moments.
Pendant la durée de validité, vous êtes tenu
L'article 1116 du Code civil interdit de retirer une offre avant l'expiration du délai fixé par son auteur. Si vous avez écrit « valable 3 mois », vous ne pouvez pas changer d'avis au bout de six semaines parce qu'un fournisseur a augmenté ses tarifs. Si vous le faites quand même, le contrat n'est pas formé, mais vous engagez votre responsabilité envers le client.
Après la durée de validité, l'offre tombe
L'article 1117 du Code civil prévoit que l'offre devient caduque à l'expiration du délai fixé par son auteur. Un client qui signe après cette date ne vous oblige plus à réaliser les travaux au prix indiqué. Vous retrouvez votre liberté : maintenir le prix, l'actualiser ou décliner.
Sans durée écrite, c'est le flou
Si le devis n'indique rien, le même article parle d'un « délai raisonnable ». Personne ne sait d'avance combien de temps cela représente, et en cas de désaccord, c'est un juge qui tranche. Sans compter que l'absence de cette mention, quand elle est obligatoire, vous expose à une amende administrative.
Quelle durée choisir selon vos travaux ?
La bonne durée est celle pendant laquelle vous êtes certain de pouvoir tenir vos prix et votre planning. Quelques repères de bon sens, à adapter à votre métier (ce ne sont pas des règles légales) :
| Situation | Durée souvent retenue | Pourquoi |
|---|---|---|
| Dépannage, petite réparation | 15 jours à 1 mois | Le client décide vite ; le problème peut s'aggraver. |
| Rénovation d'une pièce | 1 à 2 mois | Le client compare plusieurs devis. |
| Gros chantier, matériaux aux prix fluctuants (cuivre, bois, acier) | 1 mois, parfois moins | Vos achats peuvent changer de prix d'un mois à l'autre. |
| Projet lié à un financement ou à une aide | 2 à 3 mois | Le client attend souvent un accord de prêt ou de dossier. |
Exemple : vous chiffrez une salle de bains à 9 800 € TTC avec une durée de validité de 2 mois. Le client signe au bout de 7 semaines : vous réalisez les travaux à 9 800 €. Il signe au bout de 10 semaines : l'offre est caduque, vous pouvez lui envoyer un devis actualisé.
Le client signe après la date : que faire ?
- Vérifiez vos prix. Si rien n'a bougé, vous pouvez accepter la signature et le confirmer par écrit au client, en reprenant la date de début des travaux.
- Si vos coûts ont changé, établissez un nouveau devis avec un nouveau numéro et une nouvelle durée de validité. Expliquez simplement pourquoi le prix évolue.
- Ne commencez jamais sur la base d'un devis caduc sans accord écrit. En cas de litige, c'est le document signé qui fait foi.
Durée de validité, délai d'exécution et révision du prix : trois choses différentes
La durée de validité dit jusqu'à quand le client peut accepter. Le délai d'exécution dit quand vous commencez et combien de temps durent les travaux. La révision du prix dit si le prix peut évoluer après la signature. Ne les mélangez pas sur le devis : un client qui signe le dernier jour de validité peut très bien voir ses travaux démarrer deux mois plus tard, au prix signé, sauf clause de révision prévue au contrat.
Avec Mayna Pilot
Un devis qui dort finit par expirer. Avec Mayna Pilot, vous envoyez le devis par e-mail juste après la visite, le client l'accepte en ligne, et les devis sans réponse sont relancés à la main ou automatiquement. Le client a ainsi toutes les chances de répondre pendant la durée de validité. Voir aussi Mayna Pilot en détail et les tarifs.
Questions fréquentes
Non. La loi impose d'indiquer une durée de validité sur le devis, mais ne fixe aucune durée. C'est le professionnel qui la choisit.
Non. Le Code civil interdit de retirer une offre avant l'expiration du délai que vous avez vous-même fixé. Si vous voulez garder de la marge, choisissez une durée plus courte.
Le client peut le signer, mais l'offre est caduque : vous n'êtes plus obligé de l'exécuter au prix indiqué. Confirmez par écrit si vous maintenez le prix, sinon envoyez un nouveau devis.
Une incertitude sur la date à laquelle votre offre tombe, et, pour les travaux où la mention est obligatoire, une amende administrative.
Sources, consultées le 18 octobre 2026 : service-public.gouv.fr — Devis ou contrat avant travaux (F2533) · Légifrance — arrêté du 24 janvier 2017, article 4 · Légifrance — Code civil, articles 1113 à 1122 (offre et acceptation) · service-public.gouv.fr — Devis obligatoire : activités concernées (F31144) · entreprendre.service-public.gouv.fr — Documents commerciaux d'une entreprise (F37371)